Valls abandonne le récépissé de contrôle d’identité

jeudi 20 septembre 2012

Manuel Valls vient à nouveau de prouver qu’il est la jambe droite du gouvernement Ayrault. Lundi, le ministre de l'Intérieur avait jugé qu'accorder le droit de vote aux étrangers lors d’élections locales n'était pas « une revendication forte dans la société française ». Mercredi, il s’en prend aux récépissés remis à chaque contrôle. Dans un entretien accordé à Libération, le "premier flic de France" avoue avoir renoncé à mettre en place ce dispositif.  « Ce n'est pas une nouvelle, j'ai toujours été sceptique sur le sujet », lâche Manuel Valls dans les colonnes du quotidien. Déjà en juin, il avait exprimé son scepticisme  car il racontait avoir rencontré une très vive opposition de la part des syndicats de police. « Je ne veux pas imposer un dispositif qui, très vite, tournerait au ridicule et serait inopérant », admettait-il. Verdict qui tombe l’année même où l'organisation américaine Human Rights Watch (HRW) avait épinglé la France à propos de ces contrôles.

De plus, cette décision semble bien aller à l’encontre d’une déclaration de Jean-Marc Ayrault qui début septembre, avait expliqué que ce reçu était un « engagement » de campagne de François Hollande. Et de fait, dans son 30ème « engagement pour la France », le candidat Hollande exprimait sa détermination à lutter « contre le délit de faciès dans les contrôles d'identité par une procédure respectueuse des citoyens », mais sans évoquer, c’est vrai, explicitement les récépissés. Le ministre de l’intérieur s’est aussi appuyé sur une réserve de la Commission nationale informatique et liberté (Cnil) pour ces récépissés qui exigeraient la création d'un nouveau fichier. Pour calmer les conséquences à ce renoncement, le ministre de l’intérieur avait alors parlé d’autres dispostifs pour lutter contre le « délit de faciès » comme le retour sur les uniformes des policiers de numéros de matricule qui en avaient disparu en 1985.

Véronique Pierron

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