Entendus par la justice pour avoir envoyé des miettes de pain à l’Élysée

mercredi 12 décembre 2012

Ils voulaient interpeller François Hollande sur leur précarité. Ils ont été entendus par la justice. L’histoire débute à la mi-novembre : quelque 500 agriculteurs retraités de l’Aisne ont envoyé des lettres au président de la République. À l’intérieur : leurs doléances accompagnées de… miettes de pain. Un coup d’éclat sympathique et surtout symbolique pour dénoncer leur faible retraite, « pour dire que lorsque le gâteau est partagé, il ne reste que les miettes pour les retraités », explique Henri Carton, président de la section des anciens exploitants agricoles de l’Aisne, à l’origine de cette initiative. Objectif aussi de ces lettres : se rappeler au « bon souvenir » du candidat Hollande. Car pendant la campagne présidentielle, l’association avaient envoyé à tous les candidats une pétition pour demander une revalorisation de leurs pensions de retraite.

Mais les agriculteurs étaient loin d’imaginer les conséquences de ce geste. L’histoire était restée sans suite. Du moins jusqu’à lundi, lorsque certains des agriculteurs, dont Henri Carton, ont été auditionnés par le parquet de Laon. À la demande du parquet de Paris pour « entendre les explications et motivations des personnes concernées », et non de l’Élysée qui a d’ailleurs démenti sur son site être à l’origine d’une quelconque plainte qui aurait conduit à l’audition de ces anciens agriculteurs. Henri Carton n’espérait pas en tout cas que quelques miettes de pain fassent autant de bruit. Et ce n’est pas pour lui déplaire.

Caroline Moisson

 

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