Débat autour des "salles de shoot"

vendredi 31 août 2012

Elles sont déjà prêtes à Paris et à Marseille. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles font souffler un petit vent de polémique sur l’Hexagone. Elles, ce sont les salles de shoot, ces fameux locaux aménagés pour accueillir les toxicomanes qui veulent se piquer en toute sécurité car nonobstant de bonnes conditions sanitaires, elles sont tenues par du personnel médical. Le cabinet de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, planche sur le dossier depuis le début du mois d’aout et interroge acteurs et spécialistes de la question comme les associations, les médecins ou encore les élus. L’objectif étant de juger de la pertinence de telles installations car à Paris, une salle est déjà prête près de la gare de L’Est dans un local sans voisins, et trois autres annexes sont disponibles dans l’Est de la capitale. A Marseille, si le centre névralgique se trouve  gare Saint Charles, trois autres salles sont réparties dans la ville. Au-delà d’un frein « moral », la principale entrave à ce projet est son prix exorbitant : 1 million d’euro pour chaque salle de shoot.

Pour ou contre ?

Si les salles n’attendent plus qu’on les déverrouille, la ministre avance pas à pas. Selon une indiscrétion de la matinale d’Europe 1 ce 30 aout, des proches de Mme Touraine affirment même que ces salles de shoot ne bénéficient que de faveurs modérées de la part de la ministre. En bref, elle n’adhère pas vraiment. Mais à l’instar de Cécile Duflot et sa « muselière », la ministre est dos au mur car tenue par les promesses de campagne de François Hollande. Mais  le système a fait ses preuves à l’étranger avec moins d’overdose et plus de sevrage, un bilan que défendait le 29 aout Jean Marie Le Guen. « La consommation d'héroïne augmente à Paris », déclarait le député de Paris. « Le nombre de seringues utilisées dans les distributeurs automatiques  progresse de 7% au premier semestre 2012». Par contre, Bernard Debré, député de Paris et médecin, ne décolère pas : «Il faut se réveiller un peu! », s’insurgeait-il lors de la Matinale d’Europe 1. « Aux États-Unis et en Suisse elles existent et elles ferment. En Suisse, elles attiraient des étrangers. Puis on a fait des jardins et il y avait des crimes et des drames. C'est indéfinissable comme idée ».

Véronique Pierron

 

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