Le grand ménage du président Hollande à l'Elysée

lundi 22 décembre 2014
AP

Année 2014, année du grand ménage à l’Elysée. Avec le départ annoncé vendredi, de Sylvie Hubac , une page se tourne vraiment. De l’équipe de 2012, sorte de garde rapprochée du président, il ne restait qu’elle. Elle tire sa révérence et sera remplacée le 5 janvier, par le préfet Thierry Lataste. Ainsi en a décidé l’Elysée. Hollande continue le grand ménage dans le bois de plus en plus clairsemé de ses fidèles. Ironie du sort, des huit principaux collaborateurs nommés dans l'arrêté du 15 mai 2012 par le président, il n'en reste qu'un survivant en poste à l'Elysée : le général Benoît Puga, chef d'état-major particulier, nommé par... Nicolas Sarkozy. Peut être que ce dernier se frotte-il déjà les mains de cette armée de fidèles dévastée alors que lui-même avait su user ses collaborateurs en les économisant presque puisque son chef de cabinet Christian Frémont aura duré quatre ans de 2008 à 2012.

Avec Sylvie Hubac, c’est une vraie vigie du palais qui s’en va. Ancienne de la promotion Voltaire de l’ENA comme François Hollande, cette conseillère d’Etat de 58 ans dirigeait le cabinet du président depuis 2012. Chargée des affaires régaliennes et de l’administration de l’Elysée, le budget du palais présidentiel a baissé, sous son autorité, de 8,6% entre 2011 et 2013. Elle a aussi porté deux chantiers mémoriels et symboliques du début du quinquennat du président : le centenaire du début de la Grande Guerre et les 70 ans du Débarquement.

Un coup de monsieur propre à l’Elysée

Tout a commencé en avril 2012 où Pierre-René Lemas, ex secrétaire général de l’Elysée n’a pas résisté à la déculottée des élections municipales de mars. Un jeu de chaise musicale très bien orchestré s’enclenche alors et Jean-Pierre Jouyet, alors à la direction de la Caisse des dépôts va prendre la place de Pierre-René Lemas. Et vice-versa. Acte deux : c’est Nicolas Revel, secrétaire général adjoint, qui quitte son poste pour prendre la direction de l’assurance maladie le 18 novembre dernier. Et moins glorieux, ce sera ensuite le tour d’Aquilino Morelle, ex conseiller politique du président Hollande de donner sa démission accusé de conflit d’intérêt. On se rappelle que lorsqu’il était à l’Elysée, il avait fait venir, sur son lieu de travail, un cireur pour prendre soin de ses chaussures. Sacrifié sur l’autel des  intérêts politiques ? C’est ce que certains murmurent. Depuis, l’ex conseiller joue les Valérie Trierweiller et prépare un livre qui devrait dévoiler la face cachée du président de la République. D'après le Canard Enchainé, il aurait déjà trouvé son éditeur.

L’Elysée, c’est Dallas !

Devant l’hécatombe de la garde rapprochée, l’ex secrétaire général adjoint lâche fataliste : « « Avec les difficultés, il y a toujours une dureté voire une violence » à l'encontre des hommes du président. Mais ajoute avec des points d’interrogation : « Qui pouvait imaginer l'affaire Cahuzac ? Qui pouvait penser une seconde à l'affaire Thévenoud ? ». « Il fallait du sang neuf », admet-il. Même si l’Elysée rivalise parfois avec Dallas, la vie continue pourtant. Et, sous le ciel serein en apparence du palais, le président remplace les hommes et les femmes de son entourage pour former un nouveau cordon de sécurité qui l’aidera (peut être) à grimper encore un petit peu dans les sondages et confirmer les points d’embellie de ces derniers jours. 

Et dans cette visée, le remplaçant de Sylvie Hubac est un poids lourd de la politique. Thierry Lataste, 60 ans a fait ses classes à Sciences Po Paris avant d’intégrer l’Ecole normale supérieure puis l'ENA. Au chapitre de ses faits d’armes, il a notamment participé à la négociation en 1988 sur  l'accord de Nouméa qui instaurait le transfert de certaines compétences de la France vers la Nouvelle-Calédonie. Par la suite, il a d’ailleurs été haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie mais a aussi dirigé le cabinet de Manuel Valls au ministère de l'Intérieur.

Véronique Pierron

Pour en savoir plus :

Le général Benoît Puga (L'Express)

Pierre-René Lemas (Le Figaro)

Nicolas Revel (Les Echos)

Aquilino Morelle (L'Express)

Les sondages du président Hollande

L’accord de Nouméa

 

 

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