Ministre du Budget : Qui est Jérôme Cahuzac ?

vendredi 25 mai 2012

Jérôme Cahuzac est le ministre délégué au Budget dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, nommé le 16 mai 2012.

 

Le nouvel occupant des bureaux du cinquième étage de Bercy est né le 19 juin 1952 à Talence en Gironde, d’un père ingénieur des Ponts et Chaussées et d’une mère professeur d’anglais. Il fait des études en médecine à Paris et se spécialise en chirurgie capillaire ; il travaille pendant longtemps avec son épouse Patricia, également chirurgien, dans une clinique privée du 8ème arrondissement de la capitale. Il est le frère d’Antoine Cahuzac, ancien président du directoire d’HSBC Private Bank France et récemment nommé directeur général d’EDF Energies Nouvelles (filiale d’EDF dédiée aux énergies renouvelables).

 

Il est spécialiste des questions budgétaires du Parti Socialiste dont il fait partie depuis 1978. À l’époque, il adhère aux idées de Rocard plutôt que celles de Miterrand. Son modèle politique est Pierre Mendès-France.

 

Chef de Clinique à la facuté de médecine, il rejoint Claude Évin, ministre des Affaires sociales des gouvernements de Michel Rocard, en tant que conseiller technique de 1988 à 1991: il est chargé d’écrire la loi Évin qui régule la publicité en faveur de l’alcool et du tabac. Il fait ensuite partie de l’équipe de Lionel Jospin, candidat à l’élection présidentielle, où il est en charge des questions de santé.

 

En 1996, il s’installe à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot et Garonne, une municipalité traditionnellement de droite. L’année d’après il est élu député de la 3ème circonscription du Lot et Garonne et part à l’Assemblée. Là-bas, on reconnaît son talent d’orateur et sens aigü de la stratégie politique. En 1998, il obtient un siège au Conseil général du département pour le Canton sud de Villeneuve-sur-Lot.

 

En 2001, il remporte les élections municipales de Villeneuve-sur-Lot contre Michel Gonelle (RPR), et devient aussi président de la communauté de communes du Villeneuvois. Là, il fait partie des tous premiers élus locaux à militer ardemment pour l’utilisation, la production et la distribution de biocarburants à base d’huile végétale pure (HVP).

 

L’année suivante, il est battu aux législatives par Alain Merly (RPR), mais en 2007, il regagne son siège à l’Assemblée en l’emportant contre le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, et se fait remarquer dans l’hémicycle lors d’un discours assuré qu’il donne sans notes, contre la politique fiscale proposée par Nicolas Sarkozy. En juin de l’année suivante, il est nommé Vice-président du groupe Socialiste, radical et citoyen à l’Assemblée nationale, ainsi que porte parole sur les questions financières.

 

En février 2010, il est désigné par le groupe PS, radical, citoyen et divers gauche pour succéder à son collègue Didier Migeaud à la tête de la Commission des finances, de l’éconmie générale et du contrôle budgétaire. Il se penche alors tout particulièrement sur la décision judiciaire dans l’affaire qui oppose le groupe de Bernard Tapie au Crédit Lyonnais. Selon lui, l’ancien homme d’affaire a bénéficié d’un ajout de mention « préjudice moral » dans la rédaction de la version finale du compromis du tribunal arbitral. Cette mention a été ajoutée à l’insu du parti de la défense, et au bénéfice du plaignant Tapie, lui permettant de ne pas déclarer le montant de ses indemnisations (45 millions d’euros) au FISC.

 

Après le retrait de Dominique Strauss-Kahn de la course présidentielle suite à son arrestation à New York, Jérôme Cahuzac est nommé responsable du pole “Budget, finances et fiscalité” au sein de l’équipe de campagne de François Hollande.

 

Tandis que certains critiquent pour son arrogance et son parisianisme, d’autres admirent ses forces de travail et de caractère. Sportif, skieur et boxeur amateur depuis une trentaine d’année, ce père de trois enfants gifle un jeune homme qui l’insultait lors d’une visite dans un quartier défavorisé de sa ville en 2011. Il explique les faits en regrettant la violence de ce geste, tout en précisant qu’il n’avait pas d’autre choix, « humainement et symboliquement ».

 

Jerôme Cahuzac, en tant que ministre du budget, ne dirige plus directement la Réforme de l’État et la Fonction publique qui deviennent leur propre ministère dirigé par Marylise Lebranchu. Il ne maîtrisera donc plus entièrement le domaine des Dépenses publiques, mais devrait conserver le contrôle des comptes de l’ensemble des administrations publiques (Etat, Sécu, collectivités locales).

 

Décris par ses amis comme un bourreau de travail, sa nouvelle tâche sera de réduire les déficits publics, sans compromettre le changement voulu par le Président François Hollande.

 

Le 17 juin prochain, les résultats des élections législatives nous diront si Jérôme Cahuzac est réélu en tant que député, et par conséquent s’il conserve son portefeuille au Budget. Le Premier ministre Jean Marc Ayrault a en effet décidé, le soir de sa nomination à Matignon, que tout ministre se portant candidat aux Législatives 2012 devrait céder son poste au gouvernement, s’il ou elle venait à perdre.

Jérôme Cahuzac fêtera ses 60 ans deux jour après les élections.

Sophie Fung

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