François Hollande appelle à l’unité nationale

samedi 10 janvier 2015

Charlie est mort.  Vive Charlie. C’est un peu le message que les membres de la rédaction du journal qui ont survécu au massacre de mercredi, ont tenté d’insuffler dans la tristesse mais sur le tableau d’une profonde et sincère union nationale. Au programme de ce vendredi : une conférence de la rédaction dans les locaux de Libération pour sortir coûte que coûte un « Charlie Hebdo » mercredi prochain.  L’union nationale… c’est aussi ce qu’a tout de suite prêché le président de la République en arrivant très vite sur les lieux de l’attaque la plus meurtrière en France depuis des années. Un bilan de 12 morts et 11 blessés orchestré par les cris « Allah Akbar ». Le président avait été prévenu sur son portable par l’urgentiste Patrick Pelloux, membre lui aussi  de la rédaction de Charlie Hebdo depuis des années. François Hollande a lancé tout de suite un appel à l’unité nationale avant de décréter une journée de deuil national pour jeudi. Hier à midi, la France s’est mise en silence et en recueillement pendant une minute.

Lutter avec l’union contre le fanatisme

Et au bilan de cette semaine, le président Hollande qui n’a pas été épargné par les crises depuis son élection qu’il s’agisse de ses gouvernements,  de ses réformes et même de sa vie privée, est confrontée cette fois à l’horreur totale d’une crise qui risque de mettre en péril l’équilibre même de la nation si jamais certains plongent dans la tentation d’exacerber la haine et les peurs. Certains quotidiens comme le Parisien et le Monde ont même taxé cette crise de « 11 septembre  français ». François Hollande a donc multiplié les réunions de crise avec ses ministres régaliens  et les principaux responsables des services de police, de gendarmerie et de renseignement. 

Puis, soucieux de mettre en œuvre cette unité nationale, le chef de l’Etat a reçu jeudi à l’Elysée les responsables politiques. C’est son prédécesseur et rival déclaré pour la présidentielle de 2017, Nicolas Sarkozy qui a été reçu en premier au palais présidentiel. Une rencontre qui s’est soldée par l’image inédite d’une poignée de main sur le perron de l’Elysée. Interrogé à sa sortie de l’Elysée, l’ex chef de l’Etat a déclaré : « C'était mon devoir de répondre à cette invitation » pour « montrer le climat d'unité nationale face à l'attaque menée par des fanatiques déterminés contre la civilisation, la République et contre des idées qui nous sont chères ». Il a aussi glissé la nécessité d'améliorer le dispositif de vigilance de la France contre la menace terroriste « pas dans l'opposition entre la gauche et la droite mais dans un souci de protection des Français », a-t-il précisé pour évacuer toute suspicion de querelles partisanes.

La marche républicaine sans l’extrême droite

Aujourd’hui, le président a reçu les principaux leaders de partis politiques ne disposant pas d’un groupe au Parlement. C’est le cas du parti d’extrême droite de Marine le Pen, des centristes de François Bayrou et de la gauche radical de Jean-Luc Mélanchon. Enfin, l’unité nationale s’est cristallisée dans l’organisation de la marche républicaine dimanche à 1 heures à Paris à l’appel des partis de gauche. Convié, l’UMP a annoncé qu’il viendrait alors que la président du FN dit toujours attendre le coup de fil qui la convierait à cette marche. Ce à quoi Manuel Valls a répondu sur RTL en laissant entendre que le FN ne partageait pas les valeurs républicaines : « Ce qui m'importe, c'est que nous appréhendions ces individus et c'est l'unité nationale, parce que c'est la seule réponse possible. Mais l'unité nationale, c'est aussi autour des valeurs. Des valeurs profondément républicaines, de tolérance, de refus d'amalgames ».

Véronique Pierron

Pour en savoir plus:

L’attaque la plus meurtrière en France depuis des années (RFI)

« 11 septembre  français » (Le Monde)

La marche républicaine (Le Figaro)

 

 

 

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